son titre serait :
HOPITAL DESINTOX
Qu'en pensez vous ?
Le comité de rédaction ((et vous tous qui désirez y participer!!!) se réunira
MERCREDI 9 DECEMBRE A 20 HEURES AU CENTRE SOCIAL
Beaucoup se croyaient protégés.
Mais, comme les autres composantes de la communauté hospitalière, les praticiens n’échappent pas aux conséquences de réformes sacrifiant le service public à la rentabilité.
Harcèlement moral, démotivation, épuisement professionnel…
Des médecins réclament l’assistance d’autres médecins.
" Depuis trois-quatre mois, on a des coups de fil incessants de collègues, de toutes spécialités, qui nous demandent de l’aide, qui sont dans une souffrance psychique terrible ", raconte Nicole Smolski, anesthésiste à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et vice-présidente de son syndicat professionnel, le SNPHAR.
" On est tous en train de gérer trois-quatre cas de collègues qui vont vraiment très mal. "
Demandes de soutien psychologique, de conseil juridique : le phénomène interpelle d’autant plus que les médecins ne sont pas réputés pour avoir la plainte facile.
" On est conditionnés à endurer beaucoup de choses.
On ne doit pas montrer sa souffrance ", rappelle une jeune praticienne.
Après tout, le métier lui-même n’est-il pas un stress que des personnes " fragiles " ne peuvent pas supporter ? Seulement voilà, l’explication ne tient plus face à la vague de mal-être qui submerge la profession.
" C’est l’histoire de France Télécom qui nous a ouvert les yeux ", remarque Nicole Smolski.
Et qui a amené les syndicalistes médecins à regarder différemment les signaux de souffrance dans leur entourage, y compris les gestes de désespoir.
" On a tous connu un ou deux collègues qui se sont suicidés au travail. "
Que disent les toubibs dans leurs SOS ?
" Ils parlent d’un isolement au travail, face à leur chef de service, leur chef de pôle, leur direction, d’une pression sur les épaules qui n’existait pas avant, avec l’exigence de rentrer dans un certain moule, une certaine rentabilité.
Et puis d’une perte d’autonomie de décision qui fait que les gens, non seulement souffrent, mais ont l’impression d’être harcelés quand ils ne rentrent pas dans le moule ", rapporte Nicole Smolski.
Après s’être " longtemps crus protégés " par " leur statut, leur aura ", ils subissent de plein fouet, comme les autres composantes de la communauté hospitalière, les conséquences des " réformes ", de la restriction de moyens, d’effectifs, mais aussi de l’autoritarisme croissant des gestionnaires, qui, obnubilés par les économies, laissent de moins en moins de place à l’avis médical.
Catherine (*), jeune praticienne dans un hôpital de l’est de la France, a, dit-elle, " toujours souhaité travailler dans les hôpitaux car (elle a) une notion de service public qui (lui) tient à cœur ", et elle veut encore y croire. Catherine vient pourtant de décider de jeter l’éponge, provisoirement, en demandant une mise en disponibilité d’un an.
Décision " très difficile ", " cas de conscience ", mais seule issue, à ses yeux, à une situation devenue insupportable.
" Mon service était très déficitaire.
Le chef de pôle a proposé une restructuration afin de combler le déficit, sans aucune concertation, prévoyant des suppressions de postes, de médecins, d’infirmières. Mes collègues et moi, nous avons totalement refusé car on ne pouvait plus travailler en équipe. "
De surcroît, comme pour justifier sa décision, le supérieur hiérarchique de Dominique tient des propos " extrêmement méprisants " contre sa spécialité, jugée " responsable du déficit du pôle ".
Après avoir cherché, en vain, l’écoute de la direction de l’établissement, constatant qu’elle allait se " retrouver en sous-effectif, avec un chef ayant manifesté un grand mépris envers (sa) spécialité ", elle s’est dit qu’elle " ne pouvait plus continuer à exercer à l’hôpital de cette façon ", raconte Dominique.
Et d’évoquer " une démotivation croissante " parmi ses collègues.
Psychiatre dans les hôpitaux de Lyon, Françoise, elle, est plus proche de la retraite.
" Mais pas encore à la date de péremption ! " s’insurge-t-elle.
Pourtant, à la suite de multiples restructurations qui ont touché son activité, et alors qu’elle doit faire face à de lourds ennuis familiaux, cette psychiatre s’est retrouvée, au retour d’un arrêt maladie, " placardisée ", confinée dans un bureau à " ne rien faire ", privée de consultations au motif de sa " fragilité ".
Avant d’être invitée par son chef de service à avancer son départ en retraite.
Sans même pouvoir faire valoir qu’avec ses " multiples diplômes ", elle " pouvait encore servir à quelque chose, quelque part ".
" Dégoûtée ", ne cachant pas des idées suicidaires, Françoise, qui a demandé l’aide du SNPHAR, constate :
" On est rattrapés par des choses dont je pensais que c’était plutôt dans le privé. "
Constat semblable chez Dominique, anesthésiste, qui, recrutée comme contractuelle dans un hôpital du sud de la France, vient de voir son contrat brutalement interrompu, du jour au lendemain, par sa direction.
Au mépris du préavis obligatoire de deux mois.
Motif ? Alors qu’elle était déjà soumise, dit-elle, à " une charge de travail énorme " en anesthésie, dans un service " en sous-effectif " l’astreignant, entre autres, à être " de garde tous les week-ends ", elle a refusé de prendre une charge supplémentaire : la responsabilité des urgences, le soir, la nuit et les week-ends, lorsque le responsable de ce service est appelé à intervenir à l’extérieur.
Dominique a eu beau expliquer que cela ne relevait pas de sa spécialité, qu’il " y avait une responsabilité juridique que les assurances n’allaient pas couvrir ", faire valoir que l’Ordre des médecins lui donnait raison, le directeur n’a rien voulu entendre.
" Vexée " de " se faire virer alors qu’on n’a pas fait de faute ", contrainte de chercher en catastrophe des remplacements, elle se dit aujourd’hui persuadée que sa mésaventure n’est qu’un avant-goût des abus qu’entraîneront les pleins pouvoirs donnés par la réforme Bachelot aux directeurs.
" L’hôpital est-il une entreprise de soins comme une autre entreprise, ou une communauté humaine œuvrant dans l’intérêt collectif ? " interroge le SNPHAR.
Au-delà de toutes les mesures d’accompagnement, le sort des praticiens en souffrance dépendra, dans une large mesure, de la réponse à cette question.
Yves Housson
(*) Les prénoms ont été modifiés.
Repères :
- <http://www.humanite.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce.gif> On compte environ 40 000 médecins hospitaliers de toutes spécialités.
- <http://www.humanite.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce.gif> 47,9 % affirment être insatisfaits ou très insatisfaits des possibilités de donner à leurs patients les soins dont ils ont besoin, selon les résultats de l’enquête Sesmat, sur la satisfaction professionnelle des médecins, réalisée en 2007-2008.
- <http://www.humanite.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce.gif> 67,3 % se déclarent insatisfaits du soutien psychologique reçu au travail.
- <http://www.humanite.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce.gif> Les urgentistes, les gériatres et les pharmaciens sont plus fréquemment victimes que la moyenne de burn-out (épuisement professionnel).
- <http://www.humanite.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce.gif> Les troubles musculo-squelettiques sont fréquents chez tous les spécialistes et touchent 55,8 % d’entre eux.
http://www.humanite.fr/2009-11-09_Politique-_-Social-Economie_L-hopital-entreprise-rend-les-medecins
Un observatoire de la souffrance
Un syndicat de praticiens se dote d’un outil pour répondre aux SOS de leurs confrères et rendre le phénomène visible.
" Cela fait deux ans que mon chef de service me fait travailler tous les week-ends.
Est-ce qu’il a le droit ? "
Illustration des appels à l’aide de leurs confrères reçus par les responsables du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR).
Devant l’afflux des demandes, ils ont décidé de mettre en place un " observatoire de la souffrance au travail en milieu hospitalier ".
Le but, explique Nicole Smolski, est " de faire que leur histoire existe, qu’on puisse aller devant les pouvoirs publics et leur prouver, par exemple, qu’il y a bien des burn-out (épuisements professionnels) ".
Les médecins en souffrance auront à remplir un questionnaire précis pour déterminer la nature du soutien à leur apporter.
Un psychiatre ou un juriste pourra alors intervenir.
Et indiquer, par exemple, que, non, il n’est pas acceptable qu’un anesthésiste ait en charge 3 ou 4 salles de travail simultanément.
Ou qu’il n’est pas plus " normal " qu’une direction invoque des raisons budgétaires pour ne pas payer le " temps additionnel " travaillé au-delà du plafond des 48 heures légales…
L’observatoire fera aussi fonction de veille épidémiologique, les études sur la souffrance des hospitaliers étant rares, sinon inexistantes.
Au-delà de toutes mesures d’accompagnement, le traitement de fond du mal, pour Michel Dru, président du SNPHAR, implique " la reconnaissance du métier, avec l’implication du médecin dans ses missions de service public, qui peut passer par du temps, une certaine autonomie ".
" Il faut, ajoute Nicole Smolski, remettre les individus au centre de la réflexion et ne pas considérer qu’on est des pions pour pouvoir faire de l’activité, du chiffre."
Ci-dessous résumé du livre du Dr Grimaldi "l'hôpital malade de la rentabilité"
Centre Social du Centre Ville
Rue Pasteur Prolongée
05000 GAP
www.defensedelhopitaldegap.com
Mr Nicolas CHAPUIS
Préfet des Hautes Alpes
12 avenue Maréchal Foch
BP 1001
05010 GAP CEDEX
GAP, le 12 novembre 2009
Mr le Préfet,
Nous membres de l’Association Citoyenne de Défense de l’Hôpital Public-site de Gap, tenons à vous interpeller de nouveau sur la situation de notre hôpital, le CHICAS Gap/Sisteron.
Pour rappel, un plan de redressement est en cours, malgré le rejet par 2 fois du Conseil d’Administration, entraînant de nombreuses suppressions d’emplois (69 pour 2009) mais aussi la fermeture de services.
Nous vous avions écrit au mois de juin et avions reçu une réponse de votre part nous précisant que vous alliez vous informer quant aux tenants et aboutissants de cette situation.
Qu’en est -il aujourd’hui ?
Le plan social, justifié par la direction du CHICAS « car il existe un déficit qu’il faut résorber »,
est appliqué avec l’aval de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation.
Or, le syndicat CFDT du CHICAS avait révélé les comptes de l’hôpital où le déficit n’existe pas (cf. CA du 4 mai 2009).
Cette information émane de la Direction Générale des Finances Publiques, via le rapport du comptable sur le compte financier 2008, fourni au syndicat CFDT à sa demande, après le Conseil d’Administration du 4 mai qui a validé les comptes pour l’exercice 2008.
Il y a eu provisionne ment pour le plan Hôpital 2012 et la construction de nouveaux bâtiments.
Or, nous nous acheminons vers un second plan de redressement avec d’autres suppressions d’emplois.
Les nouveaux bâtiments vont être construits mais il y aura de moins en moins de personnel au lit des patients.
Jusqu’où ira cette débâcle ?
Nous ne pouvons plus accepter cette situation.
Par la présente, nous vous adressons une demande d’éclaircissement sur ce qui nous paraît être un grave dysfonctionnement.
Merci de toute l’attention que vous porterez à notre demande.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Mr le Préfet, nos salutations distinguées.
ACDHP-GAP